sábado, 31 de julio de 2021

Madre dice que el viento es un espejo bizco gastado

 Tomado de https://circulodepoesia.com/2021/07/poesia-francesa-makenzy-orcel/?fbclid=IwAR30wy4XhEYFZvAzN-94kqhNgvmiSgALnqtAVnM7ogRNW65SuCnc5nFWrbU

Poesía haitiana: Makenzy Orcel



Audomaro Hidalgo construye un panorama de la poesía francesa actual. Nos acerca al trabajo de Makenzy Orcel (Port-au-Prince, 1983). Poeta y novelista. Ha publicado Les Immortelles (Prix Thyde Monnier de la Société des Gens de Lettres, Éditions Zulma, 2012), L´Ombre animale (Prix Louis Guilloux y Prix Littérature-Monde, Éditions Zulma, 2016), Caverne (La contre allée, 2017), Maître-Minuit (Éditions Zulma, 2018), L´Empereur (Rivages, 2021), entre otros. Lo siguiente es la traducción de algunos pasajes del poema extenso Pur sang (La contre allée, 2021).

 

 

 

 

mère dit que le vent est un miroir qui louche
glisse usé
tournant retournant seul à la poussière
lune peur à vocation de torche
se terminer dans le noir
comme celle des chercheurs d´or
ou casseuses de pierres
ou accords é-tendus
éteints dans le crépuscule
au-delà du souvenir d´une soif donné

toutes les lumières devraient se confesser
écoutez l´ombre se répéter
la vie revenir sur ses pas
dans la nuit basse
accroupie sur le trône
mère la romance
je bois avidement ses miroirs
les replis de sa marche
mère est tant de voyages
lieux où elle revient
à ces heures marécageuses
qui lui arrivent jusqu´aux yeux
mer naufragée
les complaintes de mon sang
se lèvent à l´aube

j´atterris sur mes pattes
qui se brisent horriblement
écho d´un irréparable malentendu
étoile vaincue
cendres d´une brève illumination
ou larmes de joie pour célébrer le trône vide
personne avant mère
n´a osé percer un trou dans le ciel
y appliquer les sangsues de l´âme
et le désemplir de son infinitude

je ne me suis pas trompé sur ma misère morale
et l’espérance a été effacée
de mon front depuis longtemps
par tous les dieux connues et fantasmés
les dieux ne jurent que par leurs acouphènes
en aucun cas je ne peux avoir raison
putain allez anéantissez-moi
vous ne risquez rien c´est courant
les immondes châtiments de tous sur un
les forts dévoués au mal
les armés sanguinaires
les magnats de pur sang de l´abominable
où êtes-vous
qu´est-ce que vous attendez
finissons-en

mère se retourne
sœur de tant d´ombres
prie en silence
elle cache depuis toujours un Nyl imaginaire sous le lit
pour que la nuit ne l´engloutisse pas
étoile dont elle ne verra jamais la clarté
rien n´a plus une seule porte
un jour j´irai faire mon deuil aussi
parmi les tiens tes dieux discrets
je serai assis à ta droite
et je n’aurai plus besoin de marcher
chercher ton visage dans tout ce qui est
pendant tout le reste de la mort
je me remémorerai seulement tes pieds
notes de musique
calmant les nerfs surchauffés de la terre
coiffée de barrettes de béton
pour fille aux pieds légers
tenant leur promesse
avancer aplanir des montagnes
nuages signes à l´infini
quel est le nom de ce pays où tu es partie
je n´arrive plus à vivre ici
j´essaie chaque jour
je n´y arrive pas

mère même ton regard a été falsifié
le temps l´espace l´étable
l´étoile qu´aurait ramené les Mages
jusqu´à l´angle des rues Monseigneur Guilloux
et Saint-Honoré
à la suite d´un bain de sang à Martissant ou La Saline
le chant mièvre et noir leur arrachant des larmes
l´auréole de cintre autour de ma tête
et autres faits spéciaux
creuser l´ombre y demeurer
loin des marchés
fragiles possibles
sous les lumières desquels
on voit souvent pleurer des rêves
avant de voler en éclats
quand est-ce qu´a pu naitre le chant
l´imperceptible liant entre l´espace et le temps
sa structure même
la lumière le temps
l´être hors de son destin matériel
tout ce cirque me semble si immortel
et si contraignant à la fois
que la lumière soit
pleure désespérément mère
rêve d´un vaste chantier quelque part
où l´on construit enfin une terre pour les chiens
tandis que l´ombre
chienne gravement malade
toujours plus dense et tendue
s´éternise
loin une bougie s´endort sur sa parodie de lueur
bercé par mère
il pleut sur mon visage

j´irais bien en enfer moi
où tout vit crève s´en revient
d´un simple craquement de feu
je construirais une hutte toutes les minutes
au bord d´une route bordée de chutes éphémères
où je vivrais avec les cendres d´une femme
d´une flamme qui n´en finirait pas de bruler pour moi
on planterait des volcans
canicules et hurlements des forets
prendrait notre pied dans les remous
de notre extinction sans fin
pour jouer avec le feu
on aurait des enfants
qui nous dévoreraient de leur flamme
que nous dévorerions de la nôtre
dans une parfaite combustion

adresse-toi à la nuit
s´écrie le sang depuis le cœur de la gare
tu as toujours aimé la nuit
ses chants ses êtres froids chiens pliés
reflets dont tu pares tes insomnies
le sang sans fard advenu troubler l´inédit
la douleur ses énigmes

adresse-toi a la mer
sous son manteau gris noir bleu
le sang traîne moult visages de villes
rêves autant que d´âmes carbonisées
j´entends la terre battre dans sa poitrine
et le ciel centime dans le pot du clochard
oh sang
aboutissement de toutes les dimensions
temporelles de l´existence
son col roulé semble mimer une dune
etouffer des angoisses
encore du vent
et la ville surfe sur sa première vague
venue d´une mer plus intérieure que tout

les enfants trempent leur doigt dans le vieux sang
et se dessinent des barques sur le front
dédiées à la jambe gauche du dieu échu
accrochée à un poteau au bout d´une ficelle
pour empêcher le fantôme d´errer dit mère
une fois que le vieux dieu eut completement disparu
des temples des souvenirs et des décharges publiques
le vent a repris ses accoutumances depuis la mer

adieu demain
nom d´un flocon
trois gouttes de sang perlent
sur ton sein gauche
adieu l´infini
cette chanson que pleurait mère sans voix
l´errance en allée
vers les derniers fuseaux du silence
flots de pages ratées pour retracer
mère passerelle lumineuse
exil au bout des tranchées
tu disais fils si le soleil refuse de se lever va le réveiller

 

 

 

 

 

madre dice que el viento es un espejo bizco gastado
resbala dando vueltas solo en el polvo
luna miedo con vocación de antorcha
que termina en la oscuridad
como la de los buscadores de oro
o rompedoras de piedras
o acordes en tensión extendidos
apagados en el crepúsculo
más allá del recuerdo de una sed heredada

todas las luces deberían confesarse
escuchen la sombra repitiéndose
la vida vuelve sobre sus pasos
en la noche baja
agazapada en el trono
madre el idilio
yo bebo ávidamente sus espejos
los pliegues de su marcha
madre son tantos viajes
lugares a los que ella vuelve
en esas horas pantanosas
que le llegan hasta los ojos
mar naufragado
las lamentaciones de mi sangre
despiertan al alba

aterrizo sobre mis patas
que se rompen horriblemente
eco de un irreparable malentendido
estrella vencida
cenizas de una breve iluminación
o lágrimas de alegría para celebrar el trono vacío
nadie antes de madre
se atrevió a hacer un agujero en el cielo
aplicar las sanguijuelas del alma
y vaciarla de su infinitud

no me equivoqué sobre mi miseria moral
y de mi frente la esperanza
se borró desde hace mucho tiempo
por todos los dioses conocidos e imaginados
los dioses sólo juran por silbidos
en ningún caso puedo tener razón
carajo vamos destrúyanme
no corren ningún riesgo es normal
los castigos inmundos de todos sobre uno
los fuertes devotos del mal
los armados sanguinarios
los magnates de sangre pura de lo abominable
¿dónde están?
¿qué están esperando?
acabemos con esto

madre se da vuelta
hermana de tantas sombras
reza en silencio
esconde desde siempre un Nilo imaginario bajo la cama
para que la noche no lo engulla
estrella cuya claridad no verá nunca
ya nada tiene una sola puerta
un día yo también iré a hacer mi duelo
entre los tuyos tus dioses discretos
me sentaré a tu diestra
y ya no tendré que caminar buscando
tu rostro en todo lo que es
durante todo el resto de la muerte
me acordaré solamente de tus pies
notas de música que calman los nervios
sobrecalentados de la tierra
adornada con pasadores de hormigón
para niña de pies ligeros que mantiene
su promesa de avanzar derribar montañas
nubes signos en lo infinito
¿cuál es ese país al que te fuiste?
ya no puedo vivir aquí
lo intento cada día
sin conseguirlo

incluso tu mirada madre fue falsificada
el tiempo el espacio el pesebre
la estrella que hubiera traído a los Magos
hasta la esquina de las calles Monseigneur Guilloux
y Saint-Honoré
luego de un baño de sangre en Martissant o La Saline
el canto negro y cursi arrancándole lágrimas
la aureola de alambre alrededor de mi cabeza
y otros hechos especiales
cavar la sombra permanecer allí
lejos de los mercados
bajo cuyas luces a menudo
se ven llorar sueños
antes de volar en pedazos
¿cuándo nació el canto?
el imperceptible lazo entre el espacio y el tiempo
su estructura
la luz el tiempo
el ser fuera de su destino material
todo ese circo me parece tan inmortal
y a la vez vinculante
que la luz llora
desesperadamente madre sueña
con una gran construcción en algún lado
donde al fin se construye un sitio para los perros
mientras la sombra
perra gravemente enferma
cada vez más densa y tensa
se eterniza
una vela duerme lejos en su parodia de resplandor
arrullado por madre
llueve sobre mi cara

con gusto me iría al infierno
donde todo vive muere se reduce
con un simple crujido de fuego
construiría una choza cada minuto
a orillas de una carretera bordeada de caídas efímeras
donde viviría con las cenizas de una mujer
de una flama que no dejaría de arder por mí
plantaríamos volcanes
olas de calor y aullidos de los bosques
tomaríamos nuestro pie en los remolinos
de nuestra extinción sin término
para jugar con el fuego tendríamos niños
que nos devorarían con su llama
que devoraríamos con la nuestra
en una combustión perfecta

dirígete a la noche
escribe la sangre desde el centro de la estación
siempre te ha gustado la noche
sus cantos sus seres fríos perros echados
reflejos con los que combates tus insomnios
la sangre desnuda llegó a turbar lo inédito
el dolor sus enigmas

dirígite al mar
bajo su manto gris azul oscuro
la sangre arrastra muchos rostros de ciudades
sueños como tantas almas carbonizadas
oigo la tierra latir en su pecho
y el cielo centavo en la lata del pordiosero
oh sangre
culminación de todas las dimensiones
temporales de la existencia
su cuello de tortuga parece imitar una duna
sofocar angustias del viento
y la ciudad surfea sobre su primera ola
venida de un mar más profundo que todo

los niños mojan sus dedos en la vieja sangre
y se dibujan barcas en la frente
dedicadas a la pierna izquierda del dios caído
colgada de un poste con una cuerda
para impedir la errancia del fantasma
una vez que el viejo dios hubo desaparecido por completo
de los templos los recuerdos y los vertederos públicos
el viento reanudó sus hábitos desde el mar

adiós mañana
nombre de un copo
tres gotas de sangre perlan
en tu seno izquierdo
adiós a lo infinito
esta canción que madre sin voz lloraba
vagando en el pasillo
hacia los últimos husos del silencio
río de páginas malogradas para rastrear
madre pasarela luminosa
exilio al fondo de las trincheras
tú decías hijo si el sol no quiere salir ve a despertarlo

 

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Lunes por la madrugada...

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que sonríe cómplice de amor...